Diagnostic Amiante
BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE
n° 85 (1er janvier - 31 mars 2002)
Circulaires de la direction de l'administration générale et de l'équipement
Signalisation des circulaires du 1er janvier au 31 mars 2002
Renforcement de la protection pour les risques liés à
la présence d'amiante dans les bâtiments
DAGE 2002-01 C1/01-02-2002
NOR : JUSG0260011C
POUR ATTRIBUTION
Premiers présidents des cours d'appel - Procureurs généraux près lesdites cours - Présidents et procureurs des tribunaux supérieurs d'appel - Directeurs régionaux des services pénitentiaires - Directeurs régionaux de la PJJ - Présidents des comités d'hygiène et de sécurité départementaux
- 1er février 2002 -
Sommaire :
I. - RÉSUMÉ DES TEXTES ANTÉRIEURS
II. - LE NOUVEAU DÉCRET
Textes sources :
Code de la santé publique
Décret n° 2001-840 du 13 septembre 2001 modifiant
le décret n° 96-07 du 7 février 1996 relatif
à la protection de la population contre les risques sanitaires
liés à une exposition à l'amiante dans
les immeubles bâtis et le décret n° 96-98 du
7 février 1996 relatif à la protection des travailleurs
contre les risques liés à l'inhalation de poussières
d'amiante
Textes modifiés :
Décrets n° 96-97 et n° 96-98 du 7 février 1996
I. - RÉSUMÉ DES TEXTES ANTÉRIEURS
La circulaire du ministère de la justice
DAGE 96-10 C1 en date du 23 avril 1996 à l'attention
des différents chefs d'établissements explicitait
le contenu de la nouvelle réglementation, résultant
des décrets n° 96-97 et 96-98 du 7 février
1996, relative à la protection contre les risques liés
à une exposition à l'amiante et demandait de mettre
en œuvre les procédures d'identification et de diagnostic
de tous les matériaux susceptibles de contenir ce minéral.
Le diagnostic imposait de procéder à une analyse
de l'air, à partir de la note 2 sur la grille d'évaluation
de l'état de conservation des flocages et calorifugeages
contenant de l'amiante (c'est-à-dire constatation d'une
absence d'étanchéité totale entre ces isolants
et la zone à évaluer).
Les résultats du niveau d'empoussièrement de l'air aux fibres d'amiante déterminaient les actions à entreprendre :
- pour un niveau inférieur à 5 fibres par litre, un contrôle tous les 3 ans maximum de l'état de conservation des flocages et calorifugeages était nécessaire ;
- pour un niveau compris entre 5 et 25 fibres par litre, ce même contrôle devait être effectué tous les 2 ans au maximum ;
- pour un niveau supérieur à 25 fibres par litre, des travaux devaient être engagés dans les 12 mois.
Un guide technique de l'amiante vous avait
été fourni pour vous aider dans cette démarche.
Le décret n° 97-855 du 12 septembre 1997 modifiant
le décret n° 96-97 du 7 février 1996 a étendu
aux faux plafonds la recherche de présence d'amiante
dans les immeubles construits avant le 1er juillet 1997 et fixé
au 31 décembre 1999, la date limite pour y procéder,
ce qui n'a eu aucune incidence nouvelle pour les chefs d'établissement
des immeubles du ministère de la justice, la circulaire
DAGE 96-10 C1 ayant anticipé leur prise en compte dans
les recherches à effectuer.
Sur les 1 400 sites examinés (soit 4 460 000 m²),
seuls 56 (soit 43 955 m²) ont révélé
une présence d'amiante (28 bâtiments judiciaires,
9 établissements pénitentiaires et 19 établissements
de la protection judiciaire de la jeunesse).
Au 1er janvier 2000, la chancellerie avait rempli toutes ses
obligations réglementaires et le seul site qui contenait
encore une quantité importante de produits amiantifères,
n'imposait aucune obligation en termes de travaux, le niveau
d'empoussièrement étant inférieur à
5 fibres par litre. Néanmoins, à titre de précaution,
des travaux d'enlèvement de l'amiante étaient
programmés pour ce site.
II. - LE NOUVEAU DÉCRET
Le décret n° 2001-840 du 13 septembre 2001 (publié au JO du 18 septembre) qui modifie les décrets n° 96-97 et 96-98 du 7 février 1996 a renforcé la réglementation sur les points suivants :
1° Le niveau d'empoussièrement à l'amiante, obligeant à entreprendre des travaux de confinement ou de retrait de ce minéral, passe de 25 fibres par litre à 5 fibres par litre.
a) Ces travaux devront être achevés
dans un délai de 36 mois à compter de la date
de remise du résultat des mesures d'empoussièrement,
étant précisé que pendant la période
précédant les travaux, des mesures conservatoires
devront être prises afin de réduire l'exposition
des occupants et de maintenir, dans les zones où il demeurera
une possibilité d'exposition, un taux d'empoussièrement
inférieur à 5 fibres par litre.
Des dérogations au délai de 36 mois pour l'achèvement
des travaux pourront être obtenues en ce qui concerne
les IGH et les ERP, lorsque les flocages, calorifugeages et
faux plafonds contenant de l'amiante ont été utilisés
à des fins de traitement généralisé
de ces immeubles ou établissement.
b) A l'issue des travaux et avant restitution des locaux traités, il devra être procédé à un examen visuel et à des mesures d'empoussièrement par un contrôleur technique ou un technicien de la construction (qui à partir du 1er janvier 2003 devra posséder une attestation de compétence) afin de vérifier que le niveau est inférieur ou égal à 5 fibres par litre.
2° Un dossier technique "amiante" avec une fiche récapitulative de ce dossier devra être constitué et tenu à jour pour tous les immeubles construits avant le 1er juillet 1997. Ce dossier devra comporter :
- la localisation des matériaux et produits amiantés ;
- leur signalisation ;
- la liste des travaux de retrait, de confinement ainsi que les mesures conservatoires mises en œuvre ;
- les consignes de sécurité à l'égard de l'amiante, y compris les procédures de gestion et d'élimination des déchets.
La fiche récapitulative devra être
communiquée par le chef d'établissement aux occupants
de l'immeuble concerné ou à leur représentant,
dans un délai d'un mois à compter de sa constitution
ou de sa mise à jour.
Ce dossier technique se substitue au registre amiante que la
circulaire DAGE du 23 avril 1996 demandait d'ouvrir et tenir
à jour dans chaque établissement, étant
précisé que sa constitution devra s'effectuer
avant le 31 décembre 2003 pour les établissements
recevant du public, classés de la première à
la quatrième catégorie (soit à partir d'un
effectif de 300 personnes - public + personnel).
3° Avant démolition d'un immeuble construit avant le 1er juillet 1997, un repérage des matériaux contenant de l'amiante devra être réalisé.
En outre, deux informations importantes sont apportées par l'article 12 du décret du 13 septembre 2001, concernant les contrôles effectués avant l'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions :
1° Les contrôles sur les flocages, calorifugeages et faux plafonds contenant de l'amiante, sont réputés satisfaire aux exigences de la nouvelle réglementation, ce qui signifie que ces contrôles n'ont pas à être refaits.
2° Les contrôles d'empoussièrement réalisés, qui font apparaître des niveaux entre 5 et 25 fibres par litre, imposent à présent de réaliser des travaux de confinement ou de retrait de l'amiante, qui devront être achevés dans un délai de 36 mois commençant à courir à partir du 1er janvier 2002 (1er jour du 4e mois qui suit la date de publication du décret).
En conséquence, je vous demande de
procéder à un recensement des dernières
analyses d'air effectuées dans les établissements
relevant de votre ressort, qui font apparaître des niveaux
de présence de fibres d'amiante compris entre 5 et 25
fibres par litre. Je vous serais obligé de me rendre
compte du résultat de vos recherches et de faire procéder
pour les sites qui pourraient être concernés à
de nouvelles analyses de l'air. Dans le cas où un tel
niveau serait constaté, je vous demande, afin de pouvoir
déterminer le volume des travaux à entreprendre
ainsi que leur financement, de prendre l'attache du chef de
l'antenne régionale de l'équipement.
Un montant de crédits de 150 000 est d'ores et déjà
réservé sur le chapitre 57-60 à titre de
provision pour vous permettre de financer les analyses complémentaires
qui se révèleront nécessaires.
Les conclusions de cette campagne de recensement seront transmises,
via les antennes régionales de l'équipement, à
la direction de l'administration générale et de
l'équipement/sous-direction de l'action immobilière
et de la logistique/bureau GC1, qui en assurera la coordination
et la synthèse nationale.
En outre, les antennes régionales de l'équipement
pourront également vous assister pour la constitution
des dossiers techniques "amiante" lorsque l'arrêté
d'application du décret sur ce point sera paru, ce dont
vous serez averti par mes soins.
Compte tenu de l'action forte et anticipatrice menée
précédemment et de ses résultats constatés,
il ne devrait y avoir qu'un faible nombre d'établissements
concernés.
Néanmoins, compte tenu de la sensibilité bien
normale de ce sujet, je vous demande de bien vouloir y prêter
une attention particulière.
Pour la garde des sceaux, ministre de la justice,
Par délégation :
Le directeur de l'administration générale
et de l'équipement,
J.-M. Paulot
source: Ministère de la justice - Février 2002








